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Éveil.

 
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Qal Ravage-Plaie


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Race: Tauren
Druide Travail du cuir Herboriste
Guilde: Clan Noirsang

MessagePosté le: Ven 29 Nov - 17:09 (2013)    Sujet du message: Éveil. Répondre en citant

- C’est tout ? C’EST TOUT ?!

Le cliquetis de la ceinture se fit entendre à la suite des reproches imbibés d’ivresse. Apeuré, l’enfant recula. Elle pendait à présent à la main du bourreau, qui ne tarda pas à animer le démoniaque serpent pour l’abattre sur sa proie. Un hématome en devenir s’en suivit. Des pleurs, aussi. Peu importe, la récolte n’était pas à la hauteur des attentes, il était temps de châtier, de punir. La marque rouge fut bien vite entourée de cousines. Tout le bras venait d’y passer. La joue, aussi. Cela avait beau être régulier, presque quotidien, ça n’en rendait pas le courroux plus supportable. Une voix familière s’interposa.

- Arrête ! Il fait de son mieux !
- De son mieux ? DE SON MIEUX ?!


Le reptile de cuir et de fer tira à nouveau sa langue bicéphale, avant de fondre sur la malheureuse. Malgré son état, il parvenait à dénombrer les coups. Il y en eut douze, comme l’âge de la victime. Elle finit par tomber tempe contre sol, larmoyante.

- C’est moi qui décide. MOI ET MOI SEUL ! Plus les jours passent et pires sont vos récoltes ! Qu’est-ce que vous avez juré à maman ? DITES-LE.

L’une parvint difficilement à relever un bras pour s’appuyer du coude contre le bois, l’autre était tout bonnement avachi contre le mur, désarmé. Les deux voix frêles répondirent en chœur, proches du chuchotement.

- Qu’on ramènerait plein de sous...
- Et résultat ? On crève la dalle. Faites mieux demain, sinon...


Il prit une grande inspiration, puis se dirigea jusqu’au garçon, qu’il souleva du sol par le col, s’apprêtant à lui coller une monumentale tarte en pleine figure, s’arrêtant au dernier instant pour, à la façon d’un avertissement, fusiller du regard le garçon, qui malgré le traitement subi, observait toujours son tortionnaire. Ce dernier le relâcha alors pour qu’il chute au sol, reprenant sa posture de pantin désarticulé, tête pendante, relevant simplement les yeux vers l’adulte, qui replaçait sa ceinture. Le fixant d’une haine éreintée, il put le voir quitter la pièce en les laissant tous les deux face à leur réalité, aussi ésotérique soit-elle.

- On ferme.

Cette voix aussi ne lui était inconnue. Certainement pas autant que la première, mais elle lui disait quelque chose. L’esprit embrouillé, la vision encore trouble si ce n’est noire, il fut surpris par le bruit sourd du cul d’un bock posé - plaqué - sur le comptoir, avant que la même voix ne reprenne.

- J’ai dit, on ferme.

Avachi il y a encore une seconde contre ledit comptoir, le choc auditif le fit se redresser en un éclair. Les pensées encore vagues, il regarda d’un air ahuri le tavernier, qui le fixait d’une expression inquisitrice. Le puzzle s’assemblant au fil des secondes, il finit par opiner tel un anesthésié, parvenant on ne sait trop comment à extirper une pièce d’argent de sa bourse pour la poser face à l’aubergiste en grommelant, afin de régler toutes ses consommations de la soirée. L’homme la rafla ensuite, se contentant d’un grognement dubitatif en fixant le mastodonte quitter le bâtiment d’un pas lent et hasardeux.

Sur le chemin, parcourant quelques ruelles de la cité de Wolf-heim, il ôta son gantelet cerclé de plate pour se passer la main sur la figure, et à l’aide de la paume de celle-ci, se frotter son œil valide une bonne dizaine de secondes. Toujours dans ses songes, il entendu l’identique voix enfantine lui susurrer à l’oreille.

- Ne t’inquiète pas. Un jour, il payera.

Derechef, il se retourna pour observer son interlocutrice. Rue vide. Il grogna de plus belle, et reprit son bout de trajet, chaque pas s’accentuant du fracas des épaisses bottines contre le pavé.

Il toqua trois fois à la porte d’une modeste demeure. Personne. Il réitéra sa sérénade, puis croisa les bras. Dix secondes s’écoulèrent, durant lesquelles il put observer quelques mouvements provenant de la fenêtre, soulignés par la maigre lueur de ce qui devait être une bougie. Cinq secondes encore, et les loquets sautèrent, la porte s’entrouvrant, un brun plissant le nez tout en détaillant l’arrivant.

- Qu’est-ce que tu me veux.
- Tu as ce que je t’ai demandé ?
- Je reviens.


En attendant qu’il revienne, le rêveur éveillé observa la ruelle. Les quelques passants traversant la perpendiculaire, les rares signes de vie provenant des fenêtres des premiers étages, ainsi de suite. Distrait, ce n’est que lorsqu’il entendit les pas redescendre les marches qu’il revint au civil, celui-ci lui tendant une fiole baignant un liquide aux teintes cramoisies. Tendant la main pour la récupérer, il vit sa précieuse lui filer entre les doigts, l’homme fronçant les sourcils.

- Certain ?
- Mrh.


Alors, il put enfin la récupérer, la rangeant précieusement dans sa sacoche, n’ayant même le temps de remercier le donateur que déjà la porte s’était refermée, la mélodie des loquets de nouveau audible, dans le sens inverse. Roulant brièvement de l’épaule, il n’insista pas et reprit sa route.

Plus tard dans la nuit, il quitta la citadelle en tâchant de n’éveiller quelconque dormeur. Simplement vêtu d’un large pantalon brun, et d’une chemise partiellement boutonnée, il dut faire face aux prémices du froid mordant de l’hiver noyant la région en cette période de l’année. Il plissa le nez à la première brise, puis s'accommoda bien vite de la température, poursuivant sa route en direction de la porte sud de la vallée. Après plusieurs heures de marche lui semblant interminables, il atteignit la frontière. Durant l’espace de quelques secondes, lorsque les sentinelles lui demandèrent son identité, il savoura son anonymat qui lui manquait parfois cruellement. La population si habituée à le voir systématiquement en armure, il devenait tout bonnement incognito pour les rares fois où il la quittait. Le loisir de ne pas être salué - et de ne devoir répondre d’un respect équivalent en retour - à chaque fois qu’un soldat en uniforme le remarquait lui fit esquisser un maigre sourire, qui s’effaça aussitôt lorsqu’il quitta la vallée pour s’aventurer vers Pestebois. Silencieux et méthodique, il s’approcha suffisamment des frontières du Fléau recensé, posant ensuite l’œil sur une barre de fer traînant près d’un chariot à viande abandonné. La récupérant entre ses mains, il posa le regard une dernière fois sur les alentours, profitant de la clarté lunaire pour distinguer, au loin, le manoir de Jambefer se distinguant à travers les champs et bosquets vidés de leur vitalité. Prenant une longue inspiration, il s’approcha de la structure métallique rouillée, affirmant son étreinte sur sa tige rigide pour frapper celle-ci à trois reprises contre le chariot, en résultant une cacophonie résonnant aux alentours. Aux aguets, il détailla chaque ombre, chaque mouvement qu’il jugeait douteux. À défaut d’être armé, il valait mieux ne pas se rater.

Mais, au bout d'une minute, rien ne changea, rien de vint, ce malgré ce premier effort. Têtu, il recommença. Plus fort, plus longtemps, le bruit devint vacarme. Aussitôt, le silence, encore. N’était plus audible alors que sa propre respiration significativement prononcée. La fatigue leva aussitôt les mains en l’air, n’y étant pour rien. La nervosité en revanche, cumulée au froid ambiant, plaida coupable sans plus attendre.

Des grognements. Avec l’expérience qu’il avait accumulé, il lui était aisé de deviner qu’il s’agissait d’une goule, peut-être même de plusieurs d’entre-elles. Il serra le poing droit, fouillant la poche de sa chemise de l’autre. Puis, des yeux rougeâtre furent discernables parmi la pénombre ambiante. Il pressa sa gestuelle, tout en tâchant de discerner leur nombre avant de s’aventurer plus loin. Puis, n’en distinguant que X, il rabaissa son regard vers la fiole pour en dévisager sa contenance, débouchant celle-ci du pouce pour la porter jusqu’à ses lèvres, ingurgitant deux fines gorgées amères que déjà elle était vide. Sans plus tarder, son regard se riva vers les goules qui ne l’avaient encore remarqué, formant un cercle avec son index et son pouce, sifflant celles-ci qui s’arrêtèrent pour le détailler, chargeant d’ores-et-déjà le vivant.

À son tour, il se rua vers elles, prêt à en découdre. Engouement qui se fit brutalement interrompre lorsqu’il sentit sa colonne vertébrale craquer subitement, s’arrêtant aussitôt alors qu’un deuxième craquement des plus sourds initia une vive douleur à son bras droit. Il observa ce dernier, stupéfait, et releva le nez juste à temps pour réceptionner une goule d’une vive droite. Et alors qu’il chargeait encore son poing pour délivrer la mandale, il sentit ses os s’allonger, croître, pour ainsi dire de façon surnaturelle. Spectateur, il contempla la frappe en pointe de sa main mutée, garnie de griffes si longues et acérées qu’elles percèrent ni plus ni moins le crâne de l’hargneuse créature non-vivante dans de glauques sonorités. La seconde goule profita de ce moment d’inattention pour balafrer le profil de l’homme, ses griffes elles aussi redoutables. Il recula sèchement en libérant une râle, ne prêtant même attention à sa seconde main qui venait elle aussi d’être recouverte d’un noir cendré, proche de l’absolu, atteignant une taille toute aussi stupéfiante que sa jumelle.

Il sentit une présence monter doucement en lui. Elle s’approchait à grands pas, et deux décharnées saisirent l’instant d’hésitation pour se jeter sur lui, parvenant malgré le poids de leur proie à faire chuter celle-ci dos au sol, un nouveau balayement déchirant le tissu charnel de son torse comme le ferait un couteau dans le beurre. La douleur était pour le moins résonnante, une troisième présence s'immisçant dans son esprit. Au moins connaissait-il cette dernière, à qui il devait sa réputation d’immortel sur le champ de bataille ; l'intarissable fureur qui n’attendait que d’être titillée pour s’éveiller. Alors, saisissant les enjeux, il hurla aux goules en finissant par un rire des plus euphoriques, des plus fous.

- C’EST TOUT CE QUE VOUS AVEZ DANS LE VENTRE ?!

Sans crier gare, il dégagea les goules d’un revers de bras pour les expulser de pieds devenus pattes velues et surpuissantes, les chaussures de cuir qu’il vêtait il y a encore quelques secondes devenues charpie. Alors, il se redressa sur ses deux coudes pour observer les goules se remettre de leur renvoi pour menacer de revenir à l’assaut d’un moment à l’autre. Son œil s’injecta d’un rouge prononcé, chaque vaisseau sanguin à vif. Il sentit la haine monter en lui tandis qu’il souriait, ce rictus gagnant en taille tout comme en perfidie au fil des secondes, bouche devenant gueule, dents devenant crocs. Pour la première fois depuis longtemps, il eut peur. Peur que le monstre sommeillant en lui ne soit de poids face à la Bête. Un duel psychique avec lequel il ne saurait rivaliser, laissant son destin entre les mains de celle qu’il aimait tout autant qu’il redoutait. Il se releva, serrant puis rouvrant les poings, dominant les hyènes pestiférées de ses deux mètres vingt, le corps entier recouvert de son abyssal pelage. Le trio ne se fit pas prier, se ruant de plus belle sur ce qui désormais s’apparentait plus à un animal cauchemardesque qu’à un homme.

Sentant son esprit parfois happé, il eut du mal à saisir ce qui suivit, subissant plus qu’il n’agissait. La bête prenant le dessus, la créature bondit sur l’une des goules, la prenant de vitesse tout comme de force brute pour la plaquer au sol, fauchant sa tête de sa patte, décapitant sur le champ. Et c’est à ce moment qu’une autre goule se jeta à son avant-bras droit, mordant à plein cœur celle-ci. Il grogna sourdement, sentant la recrudescence de ses instincts les plus sanguinaires. Ses griffes vinrent se plaquer sur la tête de la putréfiée, entourant ensuite celle-ci pour se refermer sur leur prisonnière et la faire céder, la force colossale ayant raison de l’ossature.

À nouveau, la bête fit parler d’elle. Plus forte encore qu’il n’aurait su le présager. Sentant son corps l’abandonner au profit de l’animal, il ne fit rien pour empêcher le dernier non-mort de le déchirer le long du cou, la blessure assez significative pour que le sang ne tarde pas à couler par fin filets entre les poils devenus légion. Une nouvelle secousse le tourmenta, telle une vague en pleine figure, le monstre assoupi déterminé à vaincre. Dans une sauvagerie qu’il aurait juré évanouie depuis plusieurs années, il faucha la goule de sa gueule, la saisissant par la gorge pour la cisailler sans merci. Un soulagement intérieur le fourvoya, la bête qu’il pensait si aisément vaincue revenant au grand galop, forçant l’homme à laisser, une fois encore, sa place dans l’affrontement pour reprendre son rôle de contemplateur. Il les sentait à tour de rôle l’une grimper, s’approcher d’une volonté telle qu’elles seraient capable d’exterminer d’une bouchée toute conscience indécise. Une lutte opposant ivresse sanguinaire et instincts prédateurs ravageant l’esprit de l’hôte.

Pendant une trentaine de secondes, le rôle d’ascendant ne cessait de changer de camp, au grand damne du simple mortel. Jusqu’à ce que, par pure chance ou par domination, ce soit lui qui l’emporte. Sentant la bête prête à se venger d’une seconde à l’autre, il estima dans une étincelle de lucidité qu’il ne demeurerait pas propriétaire de ce corps bien longtemps encore s’il venait à se reposer sur ses lauriers. Alors, après être demeuré immobile, il quitta sa position au profit d’une course effrénée en direction de tout ce qui pourrait assouvir sa soif meurtrière, disparaissant dans les maudits confins environnants. Instable, le monstre fit de cette nuit un exutoire. Aucune seconde de repos, nul relâchement. À chaque victime qu’il engendrait, à chaque coup qu’il subissait, sa force se décuplait ; tel un véritable puits de hargne sans fond. Jubilant.

Sa griffe vint s’abattre une énième fois sur un décharné, qui balbutia quelque morbide gargouillement avant de s’écrouler au sol, désarticulé. Levant sa pupille sanguine vers le timide soleil agrémentant les reliefs alentours de sa chaleur, le rythme encore haletant, il prit une interminable inspiration pour tout relâcher presque aussitôt. L’adrénaline se dissipant légèrement, il put sentir les écorchures dont il avait hérité tout le long de sa traque nocturne se raviver, jusqu’alors anesthésiées par sa furie. En conséquence, la cauchemardesque bête rassasiée mit fin à sa chasse, retournant d’un pas lent vers son foyer.


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MessagePosté le: Ven 29 Nov - 17:09 (2013)    Sujet du message: Publicité

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