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Entre doutes et démence.

 
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Qal Ravage-Plaie


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MessagePosté le: Mar 29 Jan - 16:31 (2013)    Sujet du message: Entre doutes et démence. Répondre en citant

La Flèche, quartiers privés de Nathel.

Une silhouette curieuse et discrète se faufilait dans l’unique couloir. Sol tapissé d’un épais tissu d’un mauve pâle et simple, il était éclairé par la lumière extérieure, cette dernière passant à travers les pièces desservies par le corridor aussi bien à droite qu’à gauche, comptabilisant ainsi six pièces achevant le chemin emprunté par une porte de bois traité, fermée. La curieuse entreprit donc, sur des pas de velours, de jeter un œil à chacune d’entre elles, à la recherche de quelque chose. Sa tête dépassa pour observer la première chambre. Ensemble humble mais efficace, elle disposait d’un lit circulaire aux draps d’un bleu absolu, de quelques étagères d’un aspect similaire aux portes, et finalement d’une bougie éteinte. Un coup d’œil furtif dans les recoins... Rien. Elle fit une légère moue puis ôta ses mains du bord du mur.
Elle se dirigea tout aussi discrètement jusqu’à la seconde pièce. Même constat, quelques objets sans aucune valeur en plus tout au mieux, des bibelots, et inlassablement une défunte bougie. Alors passa-t-elle à la troisième, et ainsi de suite, animée de cette furtivité mêlant grâce et légèreté, à la façon d’une adolescente fouillant dans des pièces interdites. Finalement, elle se retrouva face à la sixième portée, située juste à côté de la septième, la dernière. Celle se présentant juste devant sa silhouette était entre-ouverte. Alors, lentement, elle ouvrit en posant son index puis en poussant simplement.
La pièce était une fois de plus identique. Mais, au rebord de la fenêtre, se trouvait une bougie quant à elle embrasée, apportant au lieu un infime voile chaleureux caractérisé par quelques lueurs hasardeuses. Nera fronça imperceptiblement les sourcils, puis s’approcha de celle-ci, observant. La cire coulée laissait indiquer que cela faisait près de deux heures qu’elle tenait vaillamment sa flamme face au temps, alors haussa-t-elle une épaule pour se tourner, venant se pencher près de la table de nuit disposée contre le mur à sa droite, tirant le tiroir supérieur en espérant trouver de quoi combler ses attentes. Elle tomba sur une montre à gousset. Aux mille détails mais néanmoins usée, elle reconnut cet objet précieux que Père sortait de temps à autres pour vérifier l’heure, avant d’entamer le pas pressé qui lui convenait tant. Elle sourit un instant, récupérant l’objet entre ses mains, pour finalement le serrer dans son poing droit. Elle se releva lentement et prit soin de refermer le petit tiroir, glissant l’objet acquis dans sa besace.

Elle se retourna, sortit de la pièce, disposa la porte comme elle l’était avant son passage, puis se tourna à quatre-vingt-dix degrés sur la gauche, se retrouvant nez à nez avec la porte close. Posant la tempe et l’oreille contre le bois, elle put ressentir de légères vibrations se manifestant sous forme d’une mélodie silencieuse. Elle posa délicatement sa main sur la poignée ronde, puis la fit tourner pour ouvrir, l’ultime pièce se dévoilant à ses yeux. Contrairement aux autres pièces qui se devaient d’être des chambres, celle-ci était bien plus spacieuse, comme un salon vaste destiné à recevoir une dizaine de personnes. Baie vitrée laissant apparaître l’Interminable, le soleil timide de la matinée venait éclairer une partie de la pièce. Les lieux se présentant de gauche à droite au fur et à mesure que la porte s’ouvrait, elle se contenta premièrement d’observer la vue, celle qu’elle avait contemplé il y a quelques jours à peine. Différence étant que les portes principales du Domaine, auparavant intactes et fières, protégées par le démentiel cristal gangrené, n’étaient plus, réduites à l’état de ruines particulièrement si l’on venait à s’attarder sur les ruines des deux tours à présent effondrées. Elle baissa lentement les yeux, pour tomber sur une demi sphère, formant une sorte de carapace au sol. La manifestation divine mélangeant avec splendeur des couleurs bienfaisantes telles que le doré, le blanc et un jaune vif, celles de la Lumière. Étonnamment, elle ne fut pas aveuglée par toute cette clarté, n’ayant même pas besoin de plisser les yeux pour protéger ses rétines. Il faut dire que tout cet éclat ne rayonnait pas sur les murs, ni même le plafond, non. Une source compacte d’énergie pure qui se réservait à elle-même.

Alors Nera sourit, s’approchant avec tout autant de discrétion qu’avant. Sur la pointe des pieds, elle s’initia dans la pièce, puis déposa au sol ses deux lames de pugilat dont elle avait hérité après son incursion dans le Sunwell. Suintantes de felmagie, lesdites reliques laissèrent quelques infimes effluves ramper sur le sol lorsqu’elles furent déposées, la magie nauséabonde n’ayant néanmoins pas l’outrance de poursuivre davantage. L’Aînée ne s’en préoccupant poursuivit ses pas jusqu’à placer un bras en avant, la pointe de ses doigts gantés venant toucher le bouclier. Aucune douleur ne vint, simplement une douce chaleur tandis que la Lumière venait lentement se prolonger sur les phalanges, à la façon d’une amante caressant son promis. Alors elle poursuivit, s’insérant en entière dans le bouclier divin. À l’intérieur, tout était calme, les effluves faisant lentement le tour de la sphère. Simplement Nathel, assise en tailleur au centre du demi-cercle, à même le sol, les mains posées sur ses genoux à la façon d’un moine. Nera haussa un sourcil ravi, puis s'accroupit pour lentement entourer Nathel de ses bras, dans une gestuelle fraternelle. Approchant la tête de la sienne, elle put constater du coin de l’œil que sa sœur possédait les paupières closes. Alors vint elle lentement poser sa tempe contre elle, lui susurrant à l’oreille.

« Comment vas-tu, Nathel. »

Elle ne répondit pas. La Matriarche écarta alors lentement sa tête, l’observant de profil, pour constater que son halo de Lumière n’était toujours pas réapparu depuis le temps. Quant au visage et ses expressions, ils étaient neutres, impassible, purs ; comme d’habitude. Elle soupira doucement, venant recourber ses doigts sur les hanches de Nathel, plissant le tissu de sa robe ; reprenant sur un ton mielleux et confident.

« Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Tu nous a condamné. »

Nera fut surprise sur l’instant, et observa avec inquisition sa protégée. Cette dernière, après ces quelques mots, ouvrit lentement les yeux, fixant un horizon fictif juste devant elle. Sa respiration lente et calme laissait paraître une sérénité absolue. Puis, au bout d’une dizaine de secondes, elle tourna la tête sur sa droite, observant l’Aînée dans le fond des yeux, placide ; attendant une réponse.

« Pourquoi me dis-tu cela ? Demande plutôt à Athial ! C’est elle qui nous a amené tous ces chiens de Lordaeron !
- Elle n’est pas responsable. Ta folie l’est.
- Fais attention à ce que tu dis, jeune idiote ! Je ne fais que nous protéger.
- Qu’entends-tu par « nous » ?
- Toi, ma famille, ceux qui nous tiennent à cœur. »

Nera, pour l’une des rares fois où cela arrivait, cessa de la regarder, ses yeux fuyant vers le sol. Nathel ne jugea pas l’attitude, se contentant de poursuivre dans son impassibilité absolue et intacte, laissant son regard vague reprendre le dessus. La Matriarche la jaugea à nouveau, soupirant.

« Tu n’ignores pas dans quelle situation nous sommes. Nous devons nous protéger mutuellement, afin de vaincre l’adversité.
- Jamais tu ne m’as protégé. Pourquoi commencerais-tu ?
- Ne dis pas ça ! J’ai toujours été là pour toi.
- Si tu le dis. »

Le silence s’initia à nouveau. L’une se sentait coupable, et les doutes de son interlocutrice n’arrangeaient en rien la tournure de ses pensées. Alors elle secoua la tête, ses cheveux d’un gris terne et souillé caressant brièvement la chevelure blanche de sa congénère. Fronçant les sourcils, elle prit un ton vindicatif, presque accusateur.

« Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ! Qu’est-ce qui ne va pas, à la fin ?!
- Toi.
- Développe.
- Ma bonté a des limites. Tu es allée trop loin.
- Serait-ce une menace ?
- Aucunement. Je ne te reconnais plus. »

La prêtresse quitta ses songeries pour l’observer à nouveau, son pragmatisme se troquant pour une pointe de compassion. Nera la foudroya du regard, mauvaise. Alors Nathel soupira tout doucement, revenant à son impassibilité l’instant d’après. Les deux sœurs restèrent ainsi immobiles et inertes quelques minutes durant, la plus âgée daignant finalement relancer la conversation, sur un ton un tantinet plus avenant.

« Serais-tu en train de me dire que tu songes à rompre ton serment ?
- Je ne peux pas.
- Mais si tu le pouvais, le ferais-tu ?
- Je préfère ne pas me poser la question. »

Puis la demi-sphère de Lumière dans laquelle les deux êtres conversaient se révoqua en un clin d’œil. La talentueuse pugiliste haussa un sourcil contrarié, levant les yeux vers le plafond, à présent visible. Nathel de son côté ne cilla même pas, demeurant flegme, fixant à présent l’horizon visible par la baie vitrée ; se recroquevillant lentement, de sorte à entourer ses genoux de ses mains. Nera, au delà de sentir le réconfort environnant se réduire, puis sentir un nouveau palier se franchir, sans qu’aucune manifestation visible ne puisse le prouver.

« Ils ont franchi l’Académie.
- Je sais.
- Tu devrais y aller, afin de sauver nos hommes.
- Vous en avez déjà tué tant, toi et l’Invocateur.
- Pourquoi le nommes-tu ainsi plutôt que par son prénom ?
- Son âme n’est plus.
- N’importe quoi.
- Tu es aveuglée par ses belles paroles.
- Qu’importe ! Il est ton frère, tu lui dois respect et protection !
- Mon serment ne me lie qu’à toi. »

Nera prit une expression outrée et indignée. Elle ôta ses mains des hanches de sa sœur pour se relever vivement, avançant de trois pas pour prendre ses pugilats, en empoignant une pour pointer Nathel avec. Haineuse et méprisante, elle reprit un ton aboyant, crachant ses mots.

« Je sais maintenant pourquoi le cristal a cédé ! Tu n’as pas été surprise, tu l’as voulu !
- La Lumière l’a voulu.
- C’est ça ! Range-toi derrière cette horreur pour justifier ta faiblesse !
- Je dis la vérité. Plus le temps passe et moins la Lumière me répond.
- Je m’en moque éperdument ! Dirige-toi vers l’Académie et anéantis les !
- Je n’irai pas. Ces lieux sont maudits.
- Tu iras à l’Académie ! C’EST UN ORDRE ! »

Nathel ferma les yeux, sourcils froncés. Sans trop se faire attendre, elle se releva lentement avec déférence, se retournant vers la Matriarche pour incliner respectueusement la tête, Lui jetant un regard plein de peine une fraction de seconde, elle s’en détacha finalement pour amorcer sa marche jusqu’au lieu décidé, dans une démarche modérée, sur un pas simple. Quittant la pièce, elle énonça quelques derniers mots, sans se retourner ni s’arrêter.

« Pense à éteindre la dernière bougie en partant. »

Trop occupée à médire intérieurement sa sœur, l’Aînée ne releva pas la signification de cette demande, aussi se contenta-t-elle d’acquiescer, observant la prêtresse s’éloigner d’elle, l’orbe de téléportation visible plus loin. Nera soupira en la voyant poser sa main dessus et ainsi disparaître de son champ de vision. Elle raccrocha alors ses deux pugilats à sa ceinture pour se retourner lentement vers la baie vitrée, s’attardant sur les portes principales en ruines. Son poing se serra, l’elfe promettant à la cadette et à l’armée de la Résistance mille souffrances. Elle fit finalement demi-tour, sa cape claquant avec panache, la Matriarche se dirigeant d’un pas conquérant vers l’orbe pour l’emprunter à son tour. Passant devant la sixième pièce, elle fut interpelée par la timide lueur toujours présente à la fenêtre. Observant la bougie comme si elle allait lui répondre, elle reprit finalement sa route, se retrouvant après un flash arcanique au dernier étage de la Flèche, donnant sur un couloir desservant son bureau. Vlen s’y trouvant, il sourit avec démence, sa peau visible touchée par quelques marques verdâtres. Elle l’observa un instant, puis lui lança d’un ton sec.

« J’espère que tes démons et expériences s’avèreront efficace. Il n’y a plus qu’eux et Nathel entre cette maudite armée et nous.
- Si notre sœur sait bien se tenir, ils les épuiseront, et nous n’aurons plus qu’à les cueillir.
- Nathel ne nous fera pas faux bond. Elle n’osera pas. »

Il acquiesça en guise de réponse. Sa mutation s’était amorcée. Ses cheveux bordeaux s’étaient troqués pour un noir absolu. Ses mains revêtaient l’apparence de griffes démoniaques et de timides cornes naissaient sur son front. Nera n’en fut ni surprise, ni inquiétée, voyant en ces extrêmes leur unique porte de sortie. Néanmoins, elle songea à cette fameuse journée ensoleillée qu’elle avait partagé avec ses proches. Voyant successivement Vlen avant et maintenant, elle ne put s’empêcher de voir qu’il avait changé du tout au tout. Elle conserva sa pensée pour elle, impassible.
La prêtresse de son côté s’était retrouvé dans le hall principal de la Flèche, au rez-de-chaussée. Continuant sa marche droite et inébranlable, elle ralentit néanmoins le rythme pour s’arrêter. Après trente secondes d’inactivité totale, elle tourna son buste et sa tête, de sorte à apercevoir la Flèche du coin de l’œil. Elle n’était pas dupe. Seule, elle n’avait absolument aucune chance face au reste de la Résistance. Elle savait de plus que les horreurs qu’elle allait rencontrer à l’Académie allaient mettre son sang froid à rude épreuve. Alors, après un calme et long soupir, elle reprit sa route, laissant à la Lumière le soin de décider de son avenir, et de celui de sa famille.

À la fenêtre, l’infime lueur toujours vaillante finit par s’éteindre naturellement, ayant consommé toute la cire dont elle disposait pour subsister.


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MessagePosté le: Mar 29 Jan - 16:31 (2013)    Sujet du message: Publicité

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