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Démons.

 
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Qal Ravage-Plaie


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Guilde: Clan Noirsang

MessagePosté le: Lun 21 Jan - 23:19 (2013)    Sujet du message: Démons. Répondre en citant

Honorshore, quatre heures du matin.

Le pylône en bois contre lequel elle était appuyée lui semblait plus dur qu’à l’accoutumée. Il résonnait contre l’arrière de son crâne et exprimait son refus. Elle inspira lentement, ses épaules se soulevant naturellement ; pour finalement chasser toutes ses pensées en expirant. Ses épaules retombèrent d’un coup, tandis que sa main vint se plaquer contre son front et qu’elle toqua trois fois de la tête contre la structure. Bon sang, allez vous-en. Elle ferma les yeux en se massant les sinus, visage un tant soit peu élevé vers le ciel. Une jambe tendue l’autre courbée, elle était avachie sur la tour de guet qu’elle fréquentait tant. Sur sa cuisse, un support rigide recouvert de paperasse administrative. À sa droite, à même le sol, une plume noire et un encrier contenant un liquide tout aussi sombre. D’un geste soudain, elle prit cette première entre ses doigts, la trempant hâtivement pour écrire vite. Si vite que c’en était illisible. Au bout de trois lignes, elle joignit ses mains sur le papier pour le broyer, puis finalement jeter la boule par dessus le rebord, tombant ainsi bien, bien plus bas ; hors de portée de quiconque. Elle se plaqua les deux paumes contre le visage. Vous n’y arriverez pas. Je vaux mieux que cela. Puis frappa une fois encore l’arrière de sa tête contre le pylône. Vous n’y arriverez pas ! Qu’Il vous emporte ! Un soldat, de l’autre côté de la tour, quitta son poste pour se diriger vers ce « Bong. » dont elle était l’origine.

« Tout va bien ici ?
- ...
- On dirait bien que non.
- Cela ne vous regarde pas.
- Et tous mes frères d’arme tombés, vous allez aussi me dire que ça ne me concerne pas ? Hein ?
- ... Fichez-moi la paix, Soldat. »


Il cracha au sol pour retourner d’où il venait. Elle observa le glaire tombé à sa gauche un instant, fronçant les sourcils, détournant ensuite son regard vers le paysage qu’elle avait l’impression d’observer depuis près de cinq heures consécutives. L’inlassable reproche qui revenait une fois de plus. Ça oui, on n’avait cessé de lui répéter, si bien que même contre son gré, ces paroles finissaient par revenir la hanter. Si je vous tuais, là maintenant, cela nous éviterait d’innombrables cadavres. Et puis une autre. C’est ça la Résistance maintenant ? Accueillir des fugitifs qui nous vaudront du sang et des larmes ? Pfeuh, vous me répugnez. Et ainsi de suite. Il y en avait tant qu’elle ne les comptait même plus. Elle avait beau penser à son promis, son cher et tendre, cela ne suffisait pas. Elle vint vivement écarter son bras droit sur le côté, espérant un contact, un réconfort. Un peu de tendresse en somme. Personne. Il était probablement débordé, comme les derniers jours. Elle se ravisa, croisant ses doigts à sa nuque, la tête penchée vers le sol, le corps un tantinet recroquevillé. Suis-je dans le juste. Que fais-je ici. Pourquoi. Pourquoi moi. Une fois n’est pas coutume, elle expira tous ses poumons. Cela n’avait qu’un résultat contestable, tant l’assaut de ses tourments réapparaissait aussitôt.

Ils me répètent que tout sera bientôt fini. Que tout ira mieux. Mais qu’en savent-ils ? Ils ne savent rien. Je ne sais rien. Attrapant la plume, elle transperça trois fiches de rapport. Deux trous pour deux coups. D’un geste brut, elle dégagea les trois feuilles qui s’envolèrent au gré du vent. Se passant la main libre sur la figure, elle vit le Chevalier Liorel Ravensword. Il n’était pas là, bien sûr. Mais dans ses pensées, il semblait plus réel que ce qu’elle voyait concrètement. Et si je vous poussais, et que vous tombiez en bas ? Cela ne changerait rien, à présent. C’est trop tard. Mais cela soulagerait la plupart des soldats du fort.

Elle prit la peine de l’observer. Le moindre de ses traits, ses yeux, son expression. Tout. Il lui semblait haineux, mauvais. Aussi ce visage prit petit à petit une forme démoniaque, un démon qu’elle ne connaissait que trop bien. Une vieille connaissance, qui depuis son unique rencontre, pouvait se vanter d’avoir laissé sa marque intemporelle.

« Non. Tu n’es pas là. TU N’ES PLUS ! » Hurla-t-elle aussitôt à vive-voix, balançant le support qu’elle tenait entre les mains à la face du spectre. Le pauvre bout de bois rectangulaire le traversa, pour chuter dans le vide. Le soldat précédemment venu revint aussitôt d’un pas déterminé, la fusillant du regard, beuglant d’un ton plein de reproches.

« Mais ça va pas dans votre tête ?!
- Allez vous-en !
- C’est ça ouais ! Regardez-moi ça ! Vous êtes folle ! »


Excédée, son corps, plus précisément sa main, vint d’un geste machinal agripper la griffe de pugilat qui trônait à sa ceinture. Elle se releva avec une vitesse et une rage telle que l’homme ne put dégainer, se retrouvant d’ores-et-déjà avec les deux lames acérées sous la gorge. Elle l’observa avec une haine si profonde, si puissante, qu’il ne put se retenir de gémir d’effroi ; puis s’approcha son visage du sien, baissant la tête de ses deux imposants mètres vers le fantassin qui devait approcher le mètre quatre-vingts. Ses yeux verdâtres et luminescents semblaient en proie à un courroux incalculable. Alors sur un ton étouffé par la hargne, elle se fit bien comprendre.

« Encore une remarque, une seule, et je vous lapide sur le champ.
- Vous... vous ne pouvez pas ! Vous serez abattue !
- Au point où j’en suis, cela me conviendrait.
- ...
- Dégagez, maintenant. »


Sa paume gauche se plaça sur l’épaule de l’homme pour appuyer brutalement dessus tandis qu’elle abaissait sa griffe. L’homme tourna donc à soixante-dix degrés pour finalement se rattraper sur quelques pas hasardeux, reprenant vite sa place, le plus loin possible d’elle. Elle soupira. Voilà qu’après des rumeurs l’assénant du rôle de traître, de responsable de tous ces malheurs, une nouvelle venait s’ajouter ; celle d’une dégénérée mentale. D’un geste sec et maîtrisé du bras, sa pugilat se replaça dans son foyer. Elle se retourna à nouveau, plaquant sa paume contre le pylône de bois contre lequel elle était auparavant adossée, observant l’horizon. Il lui semblait flou, si différent de ses constatations habituelles. Même lui ne voulait d’elle, ou peut-être était-ce l’inverse. Elle n’en savait rien.
Elle avait l’air malin, là. Chargée du rapport, elle venait d’envoyer valser ses outils de travail par dessus la structure. Faute de quoi, elle fit demi-tour pour emprunter l’escalier en colimaçon pour se diriger vers le fort. Pendant que ses pas enchaînaient les marches, sa main se tenait à la rambarde, un peu comme une aveugle cherchant son chemin. Elle sentit un choc, qui la fit tomber fesses contre les marches, ses mains venant se plaquer contre ces dernières pour stabiliser ses appuis. Son regard vagabond se dirigeant naturellement vers la source de la collision. Une armure noire, un tabard bleu et blanc, un regard familier, c’était Ravensword.

Tout aussi surpris qu’elle de se rentrer l’un dans l’autre, il tenta d’un geste gentleman de l’aider à se relever en lui tendant la main gantée. Encore occupée à penser aux vices et aux malheurs, elle frappa le gantelet avec le dos de sa main droite dans un geste qui se voulait défensif. Ainsi résulta un « Poc. », l’épais gantelet armé de l’homme encaissant le coup sans broncher. Elle écarquilla les yeux, s’annonçant sur un ton apeuré, choqué.

« Pardon !.. Je... je suis désolée ! » Puis l’elfe s’éclipsa en dévalant les escaliers, le Chevalier ayant à peine le temps pour se retourner qu’elle n’était déjà plus là. Parvenue non loin du terrain d’entraînement, ce dernier vide à une heure pareille, elle se pencha en avant, ses bras tendus pour que ses mains se posent contre ses cuisses, la femme respirant d’un souffle effréné, presque au point de renvoyer son dîner. Elle resta ainsi près d’une demi-heure, jusqu’à ce que le soleil tout juste levé vienne l’éclairer de profil. Elle tourna légèrement la tête pour l’observer un instant, sa main se posant du tranchant sur son front pour se masquer les yeux, ses paupières se plissant instinctivement.

Le Sergent se dirigea jusqu’à sa destination promise, pénétrant le dortoir du Premier Versatile Lordaeronnais dans une grâce et une discrétion propre à ses origines. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’y était pas aventurée, et après réflexion, elle s’y sentait plutôt bien, malgré les âmes assoupies qui lui cachaient probablement encore plus de reproches qu’elle n’en avait déjà eu. Animée de gestes fermes et convaincus, sa main parvint finalement à rédiger ce qui devait être fait.

Citation:
OPÉRATION SUNSHATTER
Dirigeant de l'Op. : Généralissime Darnat Sombrecoeur.
Lieu : Duché de Castel Roc ; Hautes-Terres Arathies. Date : 19/01/33. Type : Assaut.
Objectif : Expulser les elfes de Port-Lion.
Participants : État-major de la Résistance, Escouade de Commandement « Lothar » ; Régiment d'Infanterie Bluefield, Régiment de Soutien Tard-Enclume, Régiment Arcanique Arcaneblast, Régiment de Milice Riverborn, Régiment de Mercenaires Kernz.

Déroulement de la mission :
Suite à notre écrasante victoire sur les Sunstolen le 18 du mois de Janvier, nous entreprîmes de nous reposer une courte nuit afin, notamment, de récupérer le matériel, d’emprisonner les vaincus et de soigner nos blessés. Le lendemain, à l’aube, nous partîmes à leurs trousses afin de les rattraper et d’empêcher leur retraite. Et nous avons bien fait, après plusieurs heures de marches parmi toute cette roche, nous aperçûmes le Port-Lion. Village apte à n'accueillir que très peu de navires à la fois, entouré d’une crique pouvant elle-même en contenir d'autres tout aussi rares ; nous vîmes les elfes pénétrer l’enceinte des lieux et commencer leur massacre. En guise de soutien, nous avions au loin le « Lordaeron Kingdom Retribution », un imposant navire de guerre muni de plusieurs canons prêts à l’emploi ; et le « The Tirassian », une frégate. Avec nous, de nombreux soldats et un engin de siège.

Les Sunstolen attaquèrent les quelques cents soldats de marines se dressant face à eux, tandis que nous nous préparions à les prendre en étaux. S’y attendant, ils placèrent la majorité de leurs fantassins et toutes les sentinelles arcaniques à leur disposition pour former un barrage de bienvenue. Naturellement, nous chargeâmes et les premiers crissements des lames s’entrechoquant retentirent alentours. Nous fûmes bien vite appuyés par l’engin de siège qui par son canon mit en pièces deux sentinelles. Puis je vis les deux navires qui s’apprêtaient initialement à recevoir les fuyards quitter la crique pour se rendre sur la Mer Interdite. Effectivement, onze bateaux de flotte thalassienne portant les voiles du Soleil-volé apparurent l’instant d’après. Je présume donc que nos navires se chargèrent de batailler contre eux.

Pendant ce temps, nous continuâmes à nous battre contre les fantassins et sentinelles, notre nombre l’emportant au fur et à mesure sur leurs forces limitées qui ne cessaient de réduire au fil des secondes qui passaient. Le mage du Kirin Tor que je n’ai cessé de croiser durant notre contre-offensive se fraya un chemin à l’abris des regards indiscrets pour se dresser face à une masse noirâtre qui était à présent dressée face aux docks. Je suis certaine qu’il s’agissait de Vlen et de ses dix sbires, cette manifestation de corruption étant une regrettable habitude chez lui. L’elfe encapuchonnée fit scintiller son bâton qui se mit à briller vivement, formant un bouclier d’arcanes entre les marins toujours en vie et les démonistes. Ces derniers durent alors cesser de les éradiquer. Vlen se mit alors à rire comme un dément et à canaliser une incantation qui ne préservait rien qui vaille. Ses dix suivants occupèrent le mage en assénant de nombreux traits de l’ombre contre lui, qui ne sut d’ailleurs tous les éviter.

Puis je vis provenir de la mer un navire vêtu d’une coque massive et inébranlable. Il était parvenu à se frayer un chemin entre les coups de canon des deux flottes qui s’affrontaient, et se dirigeait à présent vers notre port. Notre engin tenta de l’éradiquer d’un boulet, mais un vif bouclier de Lumière se dressa autour dudit navire, le projectile se voyant ainsi simplement dévié dans l’eau. L’embarcation poursuivit ainsi son chemin pour accoster lentement mais sûrement le quai.

Pendant ce temps, L’Invocateur continuait toujours à canaliser, et le Chevalier-Maître Sedan Thelryn fut envoyé avec deux de ses plus fidèles chevaliers de sang pour assister les fantassins elfes qui commençaient dangereusement à réduire en nombre. Arrivant sur nous et dressée sur son destrier, elle fit une halte en nous menaçant. Plaçant son bras en retrait, sa main portant une hallebarde noire aux reflets bordeaux, elle imita le geste d’une personne envoyant une lance transpercer une cible. Et c’est ce qui se produisit. Sa hallebarde fut animée d’une vive Lumière aveuglante, l’aura formant ainsi une silhouette en forme d’arme de près de deux mètres de longueur. Elle effectua le geste, la couche de Lumière se détachant de l’arme pour se diriger droit vers l’engin de siège. Le « harpon de Lumière » continua de grandir durant ce court parcours pour faire dans les quatre-cinq mètres, et s’initia avec une aisance déconcertante la coque du véhicule. Nous entendîmes aussitôt des cris d’effroi et d’agonie provenir de ce dernier, j’en convins qu’il s’agissait de l’équipe de pilotage qui vivait ses dernières heures. Et à peine avais-je constaté cela qu’elle chargea, son destrier sautant par dessus le cadavre d’une sentinelle arcanique pour se retrouver juste devant le Paladin Isna’Esin qui n’eut même pas le temps de souffler que la hallebarde la frappa d’estoc dans le ventre. Elle s’écroula ainsi au sol. Notre nombre nous fis finalement remporter la victoire face à elle et ses deux semblables. Néanmoins, le Sombrefer Garung Ombrerune échappa à la mort de justesse, tout comme le Sergent Marchal.

Et pendant ce temps, une silhouette se distingua du navire, s’avançant sur le ponton dans une droiture et une pureté sans égales. J’ai immédiatement reconnu Nathel. Elle fixa l’agent du Kirin Tor un instant, celui-ci lui rendant le regard, suite à quoi ce dernier fit signe aux marins encore en vie (approximativement vingt hommes) de s’enfuir par la gauche. Elle suivit le mouvement d’un pas plus lent. Les dix démonistes Sunstolen quittèrent alors leur formation circulaire autour de Vlen pour monter dans le bateau en prenant soin de contourner la Prêtresse, cette dernière observant avec véhémence l’Invocateur. Les deux restèrent immobiles tandis qu’il nous fut hurlé de reculer du village, ne laissant plus âme qui vive si ce ne sont les soldats agonisants au sol, les nôtres comme les leurs.

Ayant atteint une distance convenable, nous entendîmes une détonation. Vlen qui était encore perceptible venait de disparaître sous une couche de fumée d’un noir absolu, celle-ci se répandant au sol comme l’eau se déverserait dans un village lors d’un raz-de-marée. D’un autre côté, un magnifique bouclier de Lumière sous forme d’un mur se dressa entre le navire de guerre Sunstolen et le quai, la fumée le contournant pour ainsi épargner l’embarcation. En se dissipant, nous vîmes des spectres mauves quitter le corps de tous les frais cadavres pour se diriger lentement vers le responsable de toute cette affliction. Ayant déjà assisté aux faits de mon frère, je puis affirmé qu’il a récolté les âmes de tous les individus tombés ce soir. Elfes comme humains.

Aussi puis-je dire que même si nous sommes parvenus à nos fins, à savoir expulser définitivement le Soleil-volé des terres de Castel Roc, ceci se fit au prix de trop nombreuses vies. Nous laissant ainsi sur ce tableau amer, le navire quitta aussitôt le port pour rejoindre la Mer Interdite. Nous apprîmes peu de temps après que nos deux navires ne subirent lors de l’affrontement naval que de légers dégâts, leur efficacité redoutable et une mutinerie de la part d’archers Siana embarqués sur un des navires thalassiens nous permettant ainsi de récupérer trois navires en bon état.

Signature : ∆. Sunstolen
Lu et approuvé :


Ainsi finit-elle, déposant sa plume d’un geste exténué sur le bord de la table. L’esprit occupé à retranscrire du mieux qu’il le pouvait les événements passés, elle se sentait à présent vide. Plus aucune image ne lui venait à la tête. Ni démons, ni paysage, ni souvenirs. Juste le vide. Sans trop y penser, elle se releva pour laisser son corps la guider jusqu’aux quartiers du Capitaine Ancrespoir, afin de s’y reposer.


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MessagePosté le: Lun 21 Jan - 23:19 (2013)    Sujet du message: Publicité

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