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Traque.

 
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Qal Ravage-Plaie


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Guilde: Clan Noirsang

MessagePosté le: Mar 18 Déc - 20:08 (2012)    Sujet du message: Traque. Répondre en citant

  


Hautebrande, automne de l’an Trente-deux.

Serein. C’est le terme qui englobait ce cadre idyllique si ce n’est parfait. Aux coutures simples mais efficaces, le paysage inspirait les esprits et enchantait les chasseurs. Parmi toute cette roche et cette végétation luxuriante, la rosée de l’aube venait se déposer délicatement sur le sol dans un frisson plaisant. Par un temps nuageux, le feuillage des arbres filtrait la luminosité pour offrir un panaché de couleurs verdoyantes ; terni par la brume ambiante qui emplissait les poumons d’une agréable sensation de fraîcheur. Face au tableau, l’on aurait aisément troqué sa vie contre celle d’un ermite apte à profiter de tous ces moindres détails. Vivre dans une grotte, chasser la nourriture du souper, ou encore se satisfaire d’une rivière comme salle d’eau. C’est cela qu’inspirait cette œuvre de la nature qui vêtait alors son aspect le plus noble.

Et puis au loin, en plissant les yeux et en tendant l’oreille, l’on sentait approcher les deux marginaux. Un rythme soutenu néanmoins freiné par l’exténuation des deux protagonistes qui au fil des secondes s’approchaient de cette parcelle de paradis si bien préservée des conflits. Encore plus loin, imperceptible à l’œil mais audible, la plate se froissant contre la terre. L’écrasant si ce n’est la massacrant à chaque pas. Et les pas n’étaient pas ce qu’il manquait, l’ensemble de ces fracas formant une cacophonie funèbre annonçant dès à présent un regrettable dénouement. Les deux personnes devançant ce tumulte étaient à présent à quelques mètres à peine du cadre somptueux. L’une boitait tandis que la seconde se tenait l’épaule de sa main.
Et dans ces prémices sonores, le lancement fut donné. Adieu calme et sérénité, la mélodie de la violence s’annonçait.
« Je n’en peux plus ! » Dit-elle en traînant le pied, essoufflée. L’homme se retourna en la jaugeant de haut en bas en une fraction, acquiesçant en soufflant.
Vint alors une rupture. Ce vert et cette neutralité furent brisés puis malmenés lorsqu’il malaxa ses doigts. Une fine sphère flamboyante vint naître au sein de sa paume, avant de s’étendre sous l’aspect d’un fouet de lave. Dégoulinant et consumant, ce dernier répandit sa destruction sur le sol. L’herbe fut la première à s’incliner, en même temps que quelques brindilles sur lesquelles elle avait jeté son dévolu. Il fit claquer l’arme de feu constituée pour la faire s’élancer sur un tronc d’arbre. Celui-ci se fit lacérer tel un pendu assistant à son propre décès. Le tronc céda la seconde suivante et tomba dans un fracas qui fit se réveiller la faune alentour.
Il lui tira le bras par la suite pour qu’elle se détourne avec lui, prenant vers le Sud alors qu’ils se dirigeaient auparavant vers l’Est. Réaction calculée, ils tombèrent sur une grotte. Celle qui serait volontiers devenue propriété du sauvage qui sommeille en nous. Aussitôt, ils y pénétrèrent, venant se plaquer contre les parois. Le souffle rude et affaibli, ils se regardèrent les yeux toujours aussi écarquillés, puis la voix féminine revint au galop, sur un ton néanmoins étouffé et plus discret.

« Tu ne peux pas nous faire disparaître ? » Il secoua la tête en guise de réponse. Comme si cela était nécessaire. La robe partiellement déchirée recouverte de taches de boue et d’hémoglobine, les joues creuses et les cernes profondes ; son physique à lui seul aurait suffit. D’une main fébrile, il vint attraper son sceptre qu’il venait de poser à sa droite, en le montrant à sa collègue. Inerte. L’objet d’accoutumée mouvant, animé de quelques flammes manifestes était à ce moment séparé en deux, l’énergie servant à l’assembler n’étant plus. Grisâtre et terne, le sceptre semblait vidé de ses forces si ce n’est mort. La jeune femme observa l’ensemble en se mordant la lèvre inférieure, fronçant les sourcils pour observer la sortie de la grotte, dont le son caractéristique de la plate se faisait de plus en plus audible.
L’homme leva son doigt à l’attention de la jouvencelle, lui faisant comprendre que patience et prudence seraient leur porte de sortie. Elle acquiesça, alors se leva-t-il pour longer avec la discrétion d’un serpent la paroi, approchant de la sortie. Puis se fit entendre les voix distordues et corrompues.

« Allez voir ici, troupier. Et accélérez pour nous rejoindre par la suite. Ils ne doivent pas nous échapper. » L’humain vint tendre le cou pour l’observer. Les deux non-morts se tenaient l’un face à l’autre, piétinant une fois encore la nature de leur souillure impie. Le subordonné opina en se retournant vers la grotte. Derechef, le Sorcelame fit signe à sa jeune sœur de reculer plus loin encore, ce qu’elle fit. De son côté, il vint s’agenouiller derrière une roche, se tassant du mieux qu’il le pouvait. Le décharné avançait à rythme lent, méfiant. Il s'inséra finalement dans la grotte, n’étant alors plus qu’à une demi-douzaine de mètres de l’homme. Puis il ricana.
« La Dame Noire prendra soin de toi, petite. » Dit-il en dégainant sa cimeterre, s’avançant plus rapidement vers la silhouette agenouillée et paniquée de la jeune fille. Cette dernière prise au dépourvu s’abandonna à la stratégie de son frère, l’observant du coin de l’œil tandis que le réprouvé s’approchait dangereusement d’elle. Il aperçut cette complicité et se retourna, ou du moins essaya. Une lame faite de lave et de feu lui pénétra alors le torse comme une flèche s’initierait dans de la mie de pain. Un geste fluide et expert mais aussi très bref. Le réprouvé n’eut même pas le temps de se lamenter tant la frappe remonta jusqu’à son crâne, le faisant fondre puis brûler.
Egon arracha ladite lame du crâne, laissant le cadavre agonisant s’écrouler au sol. Il ne s’agissait pas d’une lame enchantée classique, non. Ce n’était ni plus ni moins que l’extension de son bras qui venait de sévir. Tout son avant-bras était recouvert de la substance orangée et destructrice, venant au fur et à mesure que l’on descendait jusqu’aux doigts s’affiner pour former une longue claymore fantaisiste. Il révoqua cette manifestation sans geste aucun, observant sa sœur.
« Je viens d’épuiser mes dernières ressources. Nous devons nous reposer. » Annonça-t-il, se plaquant contre la paroi pour finalement laisser ses jambes céder, celles-ci se courbant pour faire s’asseoir leur propriétaire. La mine fatiguée, il vint poser son coude sur son genou, tandis que la seconde rotule demeurait tendue.
« Quoi ? Tu délires ! Nous y sommes bientôt, et rester ici est suicidaire ! » Elle lui lança un regard accusateur, perçant. Il en haussa les sourcils d’indifférence en penchant ensuite la tête vers le sol, reprenant son souffle. Alors elle se releva, lui tendant la main pour l’inciter à partir.
« J’ai dit que nous devions, que je devais me reposer. Je suis incapable de marcher, et en cas d’embuscade, je ne serai capable que de me défendre avec... ça ? » Il désigna le sceptre inanimé, réduit à l’état de simple bâton de randonnée. Un réprouvé n’en aurait que faire et balayerait l’arme de fortune d’un simple revers de bouclier. Tous deux le savaient, et elle fit une moue insatisfaite avant d’acquiescer, se rendant à l’évidence.
« Bien, d’accord. Repose-toi, je monte la garde. » Dit-elle en récupérant son outre présente à sa ceinture, venant lui tendre. Il la porta à ses lèvres et son visage se détendit. Puis il fronça les sourcils, ne sentant l’eau venir jusqu’à lui. Il la posa par terre ; se tournant sur le côté pour fermer les yeux.



« Pssst, debout, Firefist. On a de la visite. »
Il ouvrit les yeux et ne parvint à discerner que des formes grotesques et un flou omniprésent. Il se fit violence, clignant des yeux avec intensité tout en se redressant à moitié, maladroitement appuyé contre la roche. L’humidité lui semblait moins vive qu’auparavant, et la luminosité plus forte, presque aveuglante lorsqu’il observait la sortie. Il se passa la main vêtue de son gantelet sur le visage, ajoutant une couche supplémentaire de suie à son visage qui en était déjà plein.
« Qu’est-ce... que se passe-t-il ? » Elle pointa l’extérieur d’un air inquiet. Il se stabilisa, réalisant ses appuis pour discrètement progresser vers le dehors.
Tout ouïe, il parvint à distinguer la plate. Encore et toujours, la maudite qui les pourchassait faisait encore des siennes. Il se renfrogna dans son mécontentement et écarta imperceptiblement les bras, venant simplement les décoller de son corps. Il chuchota.
« Bien, allons-y. Tu es prête ? » La concernée acquiesça avec conviction. Juste avant de se lancer, il prit une seconde pour réaliser l’heure qu’il était, et le temps qu’il avait dormi. Peut-être deux heures. Trois avec un peu de chance. Pas de quoi le remettre d’aplomb en somme, et il s’imaginait d’ores et déjà puiser ses derniers atouts. Alors il entama la course suivi par sa protégée. À peine sortis de l’enceinte apercevaient-ils un groupe de six troupiers revêtant le tabard de leur faction et un écu de facture non-morte. Le pouls des deux fugitifs s’accéléra et aussitôt Egon entreprit-il de les surprendre.

Un fouet de lave naquit à l’extrémité de sa main gauche. Un long fil tentaculaire et suintant qui vint entourer l’intégralité de son bras tel une rampe en colimaçon tandis que l’autre bout tombait de ses doigts jusqu’à quelques centimètres du sol. Dans l’autre, la même extension que tout à l’heure. Toujours aussi droite et imperfectiblement sculptée, elle était néanmoins plus lumineuse et longue qu’auparavant.
Il leva le fouet et jeta son courroux sur un troupier, venant l’entourer pour ensuite le tirer jusqu’à lui afin de l’empaler sur son bras droit. Aussitôt fait et les autres soldats n’ayant pu encore dégainer, il fonça droit sur eux, le fouet se dématérialisant pour laisser apparaître sa main, qui manifesta un flash arcanique. Celui-ci frappa instantanément un second troupier qui s’écroula au sol dans une certaine grâce. Le troisième venait à peine de s’équiper de son bouclier et le dresser que le bras droit toujours animé de cette lame fumante frappa d’estoc, perçant l’écu avec une aisance modérée pour finalement toucher le torse du non-mort qui tomba à son tour.
« Egon ! Forestier sombre ! » Il se retourna pour observer vers la direction que pointait sa sœur. L’un des troupiers à présent dans son dos tenta d’abattre son épée sur son crâne, mais une plaque de braise ardente se manifesta une fraction de seconde avant pour parer le coup sans aucune contrainte. L’elfe nécrosée se tenait en hauteur, perchée sur un rocher de trois mètres de hauteur. L’on distinguait ses yeux rouges et malsains, tandis que son arc formé à partir d’os humains commençait à se tendre, flèche encochée. Il écarquilla les yeux et attrapa le bras de sa sœur. En temps normal, il aurait pu rivaliser. Mais exténués et la situation n’étant pas à un tel affrontement ; ils devaient fuir, rejoindre Honorshore où ils retrouveraient les leurs et la sécurité. Alors ils coururent, la non-morte gloussant un bref instant en s’exclamant.

« C’est cela, le Loup Noir ? Un homme qui n’affronte pas son destin ? Soldat, attrapez-les ! » Au même moment, elle relâcha la corde. Sa flèche perça l’air dans un imperceptible sifflement pour finalement se loger dans le sol, à deux centimètres à peine du talon de la sœur. Elle les prit en chasse, parvenant sans grand mal à dépasser leur rythme pour les rattraper. Et c’est ainsi que passèrent les quinze minutes suivantes. Dès que la rôdeuse était assez proche, elle s’arrêtait pour encocher une flèche et les assaillir. Qu’à cela ne tienne, Egon puisait dans ses dernières réservespour dresser ses remparts de la fournaise suite auxquels la flèche venant de se loger dedans retombait seule au sol, la protection ayant disparu aussi vite qu’elle était apparue. D’autres fois encore, il se retournait pour dévier leur trajectoire à l’aide d’une pulsion arcanique, voire frapper l’agresseur de quelques sorts médiocres afin de la ralentir.

Puis elle parvint à toucher. La pointe d’acier perça le mollet de la jeune femme qui manqua de hurler en s’effondrant au sol. Elle se courba en se tenant la jambe tout en serrant les dents à s’en faire imploser les tempes. Egon s’arrêta aussitôt, venant joindre ses mains pour lancer une déflagration arcanique sur le forestier sombre qui se fit expulser une dizaine de mètres en arrière, s’élevant au-dessus du sol pour se réceptionner avec violence contre le tronc d’un arbre.
« Tue-la ! » Dit-elle, le fusillant du regard. Il crut apercevoir toutes les reproches qu’elle tenait la plupart du temps cachées au fond de ses pensées. L’immense rancœur datant depuis la Troisième. Il comprit qu’elle le tenait toujours responsable de ce qui s’était passé à l’époque, et aurait volontiers souhaité la persuader du contraire. Autant dire qu’étant donné la situation, il relayait cela à une futilité.
« Je ne peux pas, je n’ai plus de force ! » Fit-il, désemparé. Il se pencha pour l’aider à se relever, se glissant sous son bras pour la soutenir. Ils commencèrent quelques pas boiteux en direction de l’Est, la flèche toujours plantée dans la chair. Puis le sifflement se fit à nouveau entendre, sonnant tel le glas d’un lien fraternel. Elle s’initia dans son torse, perçant le cuir sans broncher pour se loger dans le corps de la malheureuse. Egon ignorait jusqu’où elle s’était enfoncée et peut-être préférait-il finalement ne pas le savoir.
« Jeal ! » Il se retourna et puisa dans des réserves qu’il ne soupçonnait même pas. Un dôme violacé vint entourer les deux humains avant qu’il ne soit recouvert de braise rougeâtre. Profitant de ce répit, il se pencha vers sa sœur en l’observant, plaçant ses genoux sous sa tête. Elle vacillait quelque peu, son état précaire l’ayant fragilisé à tel point que sa survie n’était en aucun cas assurée. Alors il ôta ses gantelets rapidement, offrant des mains propres et exemptes de cendres, témoignant de la rareté de l’action. Il l’observa avec un air de chien battu.

« Je vais cautériser. Tu es prête ? » La blessée opina, tandis que le forestier sombre continuait son assaut sur la carapace ardente qui commençait lentement à céder. Conscient de l’urgence, le pyromancien ôta la flèche d’un geste net et précis, limitant du mieux possible le contact avec la chair. La sœur retint son souffle suite à la douleur puis ne put s’empêcher de hurler.
Alors qu’il s’apprêtait à invoquer son plus fidèle allié pour cicatriser l’hémorragie naissante, la carapace céda et s’éparpilla en cendres qui s'évanouirent dans l’air ambiant. Egon jura à voix haute, ignorant quelle décision il devait prendre. Sa sœur agonisante prit la peine de lire dans son regard affolé et parvint à lui parler malgré son état lamentable.
« Tue. La. » Fut sa complainte. Aussi s’exécuta-t-il en glissant un doigt ardent sur la plaie, ce qui eut pour conséquence de la refermer à titre temporaire. Empli de hargne et de rage, il se releva en se tournant vers la non-morte. Un masque lui de même formé de braise incandescente vint se former sur son visage, affichant un sourire dément et des yeux insanes, l’ensemble de cet aspect désaxé étant parsemé de veines orangées. Des tentacules de lave vinrent s’élever en cercle autour de lui, formant un rempart mouvant. Une danse mélangeant grâce et haine, dont l’opposante n’avait que faire.
« Ouh, ça brille. » Dit-elle en souriant, encochant trois flèches au même instant pour les tirer sur lui dans une assurance ténébreuse et morbide. La défense ne se fit pas attendre, les appendices venant se déplacer avec virtuosité pour parer les flèches qui s’enfoncèrent dans le magma sans jamais en revenir. Pendant ce temps, l’homme continuait d’avancer à un rythme régulier. Il marchait, ne courait, et soutenait son regard fielleux sur la décharnée. Ainsi elle tira à nouveau, postée à une distance encore raisonnable. Cette fois-ci, les projectiles pénétrèrent deux fois la chair du Sorcelame, qui continua sa marche sans broncher.
Elle tendit une énième fois la corde armée. Une flèche d’ombre, qui mettrait définitivement fin à la lutte. L’exécution ne se fit attendre plus longtemps, et le projectile percuta de plein fouet le cœur de la silhouette qui s’effondra au même instant que sa défense. Il chuta au sol, puis disparut.

Elle comprit vite mais trop tard, et derrière elle apparaissait l’identité sonnant ses derniers instants. Dans son agilité prédisposée, elle parvint à se tourner et dégainer sa lame pour parer l’extension du bras de l’homme. Contact prolongé, la lave commençait lentement à s’écouler sur l’acier qui finissait par se courber avec la chaleur. Alors elle leva le pied pour frapper l’homme dans le ventre et se dégagea en arrière. À nouveau, le forestier sombre puisa dans ses réserves et tendit le bras pour lui déverser un trait d’Ombre. L’homme ne parvenant déjà plus à se tenir droit ne su réagir et dégusta. Prit de tourmente et de cauchemars, il s’agenouilla en se tenant la tête, se courbant à son tour pour prendre la forme d’un croissant.
L’observant, elle ricana, savourant sa victoire. S’approchant sur des pas conquérants, elle prit sa lame et s’agenouilla près de l’homme en lui susurrant.
« La Lumière n’a pas répondu à votre appel. Regardez-vous, vous êtes trivial. Et vous pensez encore qu’Elle vous prendrait en pitié ? Misérable insecte. » Elle lui ôta sa capuche puis son masque à présent éteint pour l’observer, et le malheureux en profita pour agripper la cheville de son bourreau. Vint alors se manifester un nouveau tentacule qui s’agrippa dans une vitesse foudroyante à la sœur de Sylvanas. Elle tenta de se relever, chose à laquelle elle parvint, mais fut néanmoins arrêtée ensuite, ligotée par les chaînes ardentes qui commençaient à la ronger. Egon se releva, enragé mais néanmoins satisfait, levant ses poings haut dans le ciel en laissant une part de sadisme l’emporter.
« Là où la Lumière vous purge, JE VOUS CONSUME ! » Et ainsi cette entrevue prit fin, un démentiel estramaçon brûlant naissant entre ses mains jointes venant s’abattre sur la tête de la sbire et la traverser verticalement. Un hurlement étouffé se fit entendre, avant qu’il ne révoque son coup de grâce après coup pour laisser sa victime à l’état de statue de cendres qui se dispersèrent au premier coup de vent.

Il plia genou et posa son poing contre le sol, s’attachant au peu d’énergie qu’il lui restait pour se relever et s’occuper de sa protégée. Il se leva en chancelant et s’approcha. Les yeux inertes et la bouche entrouverte, il voulut premièrement se refuser à l’évidence. Tous ces efforts, tout ce chemin parcouru pour en arriver là. C’était trop. Il ne s’y était jamais préparé et avait toujours refusé de voir que cela surviendrait un jour où l’autre. Il ne prit même pas le temps de maudire sa nature optimiste qu’il s’effondra, ses genoux s’enfonçant dans la terre humide et ses bras venant machinalement soulever le haut du corps de la défunte pour la placer sur ses cuisses inclinées. Il passa sa main pour fermer les paupières de sa sœur puis la passa dans la chevelure, les recouvrant d’une pellicule de suie. Impuissant et ayant pourtant déjà été habitué à l’être, il la serra pour la placer contre lui, se recourbant en laissant s’échapper une tristesse courroucée. Les larmes suivirent la cadence, commençant petit à petit à déborder de ses paupières fermées pour s’écouler tout le long de son visage, et finalement entamer leur chute à son menton.

Il resta ainsi de longues minutes, de nombreuses minutes si ce ne sont des heures. L’esprit tout aussi hébété qu’aveuglé, il ne pensait qu’aux heureux instants vécus en compagnie de cette âme. Elle était partie et il lui faudrait attendre de rejoindre l’au-delà pour la saluer de nouveau. Tout le long, il lui susurra quelques contes pour enfant qu’il avait fini par connaître par cœur. Finalement, il souleva le corps pour la porter comme l’on porterait un enfant apeuré et fit un bout de chemin en sa compagnie. Il leva les yeux, cherchant du regard un souhait ardu mais néanmoins nécessaire. Il acquiesça pour lui-même en tombant sur une roche surélevée et plate, sur laquelle il la déposa. Il vint lui faire une dernière caresse fraternelle dans la chevelure, et à peine ces derniers eurent-ils prit feu qu’il se détourna pour conserver l’image indemne de sa jeune sœur, la saluant de dos en levant sa main droite, tendant puis écartant son index et son majeur pour former un V ; continuant seul son trajet jusqu’à la destination promise.

« Je chanterai ton nom sur le champ de bataille. Ton sourire, ton innocence, ta bonté. Ainsi la charogne sera immolée pour l’être le plus pur qu’il m’ait été donné de voir. Repose-toi, mon ange ; le Poing de feu prend la relève. »  
  


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MessagePosté le: Mar 18 Déc - 20:08 (2012)    Sujet du message: Publicité

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