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Le Soleil Noir.

 
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Saestra Navaeian


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MessagePosté le: Mar 10 Jan - 02:54 (2012)    Sujet du message: Le Soleil Noir. Répondre en citant

C'est une simple chronique, feuillets dans un dossier de couleur noir, relatant des faits non datés. Qui sait si ils sont vrais ou non ? Après tout, le domaine de l'Ombre n'est pas fait pour les certitudes. Néanmoins dans toutes histoires, il y a toujours un fond de vérité. C'est ensuite au lecteur de se convaincre de ce qui est juste ou non.



Le noble était nerveux. Il était pourtant un vétéran, fort de plusieurs dizaines d'escarmouches contre les trolls des forêts. Mais faire ça, c'était au dessus de ses forces. Il était assis à une table. Il était dans un taudis. Le décor était spartiate, une table en bois. Une seule lanterne à huile éclairait l'ensemble, posée sur la table. Ça faisait une bonne heure qu'il attendait là, seul. Il voulait rencontrer quelqu'un. Mais ce quelqu'un avait ses propres conditions, bien fixées, et bien rodées.
Il décrocha l'outre en peau de sa ceinture, buvant une longue gorgée d'un vin des coteaux de Silvermoon. Une partie du liquide ruissela sur le bas de son visage, tachant de rouge le haut de son surcôt. Il soupira longuement, trahissant ainsi une part de sa nervosité.
Puis ce fut le néant.


Il émergeait lentement, lorsqu'il se rendit compte de sa situation. Il était attaché comme un saucisson nain, tête renversée au plafond de la même pièce. Une congénère la regardait de ses yeux bleus, narquoise. « Quel honneur de vous rencontrer, enfin, Messire le héros de guerre, survivant des hordes trolls ! » fit-elle, en mimant une révérence de servante, narquoise au possible.
Le noble s'étrangla de rage, essayant de se dégager.
La haute-elfe le regarda, penchant légèrement la tête sur le côté. « Vous n'êtes pas à votre aise ? Quel dommage. Mais on ne rencontre pas le Soleil Noir comme on en a envie. » Le noble se figea instantanément. Il passa du rouge cramoisi au blanc livide, balbutiant des excuses.
L'elfe ramassa l'outre à moitié vide sur le sol, lentement, buvant largement le contenu, puis fit claquer sa langue. « Alors, qu'avez vous à proposer, Agon ? »
Le dénommé Agon, déglutit lentement, conscient que sa vie ne tenant qu'à un fil. « J'ai besoin de quelqu'un qui pourrait s'occuper d'un certain problème qui embarrasse les dirigeants de ma Maison. J'ai le contrat sur moi. »
L'elfe soupira. « Voyez vous, Agon, je déteste quand on tente de m'employer pour des raisons politiques. Je ne fais pas de politique. » Agon hocha la tête. Quand on connaissait le milieu, on savait tous que le Soleil Noir ne faisait pas d'assassinat politique, refusant de prendre position parmi les maisons nobles de Quel'thalas. Mais cette fois, ses dirigeants lui avaient assurés qu'ils avaient un moyen infaillible de la mettre au travail. Lorsque Agon l'avait su, il avait écarquillé les yeux.
«  Nous le savons tous. Néanmoins cette fois, vous n'allez pas avoir le choix, Soleil Noir. » Agon déglûtit en prononçant ces mots. C'était la phase la plus sensible du plan. La plus complexe, et surtout la plus dangereuse du plan. C'était d'ailleurs pour cela qu'il était ici. Il était un pion sur l'échiquier de sa famille, un cousin avec une grande renommée, mais avec trop peu de sang issu de la branche principal de la famille, songea t-il avec amertume, un poisson suffisamment gros pour intéresser le Soleil Noir, mais pas assez pour être indispensable à sa famille.
Le Soleil Noir inclina poliment la tête de l'autre côté. « Et bien, vraiment ? Je n'ai pas de souvenir que vous puissiez me contraindre, Chien Coursesoleil, mais continuez, vous me divertissez presque. »
Agon, déglutit encore une fois. Décidément, ce n'était pas une bonne journée. « Nous avons votre fille en notre pouvoir. Si vous n'obtempérez pas, elle mourra. Si je ne reviens pas dans les deux prochaines heures avec vous au Domaine Coursevent, pour les détails annexes au contrat, elle mourra. » Pour cette dernière condition, Agon, bluffait à vrai dire. Il n'avait pas cette importance là. Mais au vu de sa situation, il n'avait pas le choix. Il jouait le tout pour le tout, tant pis. Il n'avait pas combattu les trolls pour finir aussi misérablement, par la Lumière !


L'elfe n’eut aucune réaction. Agon cligna plusieurs fois des yeux. Cela avait-il fonctionné ? Il frissonna plusieurs fois, en quelques secondes. Il pria la Lumière très fort. Elle ouvrit la bouche lentement : « Je vois, très bien. » La corde qui retenait le noble céda brusquement, Agon s'écrasant à terre dans un bruit sourd. Il se releva seul, sans mal, titubant légèrement. « Je vous suis, Chien Coursesoleil, et ne lambinez pas. »
Sans même regarder son interlocutrice, il sortit de la masure abandonnée, débouchant sur une artère peu fréquentée de Silvermoon. Il cligna plusieurs fois des yeux. Il faisait un temps magnifique, grand beau, comme à son entrée. Pourtant, il avait l'impression que plusieurs siècles s'étaient écoulés depuis son entrée dans la maison abandonnée. Il trébucha largement, manquant de tomber, en respirant plus fort, comme si il savourait l'air frais, soulagé. Il tourna la tête autour de lui. Aucune trace d'un hypothétique Soleil Noir. Il se regarda, désarmé, le surcôt taché de vin. Il secoua la tête. Non, il n'avait pas rêvé. Il devait amener le Soleil Noir à la Maison Coursesoleil. Il s'élança à toute vitesse à travers les artères, courant comme jamais il n'avait couru, plus vite encore que lorsqu'il avait échappé de peu à la mort, une escouade troll sur les talons. Ses jambes le portait plus vite que le vent, courant, sautant, roulant au sol, sautant, pour éviter les obstacles ou les gens, se déplaçant à toute vitesse, parmi les cris et les invectives des passants. Il atteint le domaine Coursesoleil en quelques minutes seulement, essoufflé, saluant à peine les gardes, qui le laissèrent passer médusés, par l'arrivée et la tenue du vétéran.
Mais Agon n'en avait cure. Il n'en pouvait plus. Il avait été utilisé, manipulé et jeté par ses cousins qui tenaient les rênes de la maison Coursesoleil. Non pas que cela l'étonnait ou le choquait, mais il avait échappé à la mort de peu. Le Soleil Noir était bien trop dangereuse pour jouer aux intrigues avec. Il traversa telle une tornade le hall principal du domaine, écartant et poussant sans aucun ménagement les doléants, les flagorneurs, ou les parasites de la branche principale des Coursesoleil. Les deux grands battants de la Cour Coursesoleil étaient refermés. Qu'à cela ne tienne, il allait les ouvrir. Il allait passer outre. Il était Agon Coursesoleil, héros de Quel'Thalas, connu dans tout le pays pour ses actes de bravoure. Et ce n'était pas une simple porte qui allait le retenir.
Il ouvrit à main nues les deux battants, dans un cri de défi à l'encontre de ses cousins, ouvrant les deux battants à mains nues. Le Seigneur Coursesoleil, était assis sur son dais, jouant avec une courtisane, tandis que sa femme, faisait de même avec un soupirant. Il entra dans la pièce, rouge, de colère et d'épuisement, et alla se poster devant son cher cousin, le dirigeant de la Maison Coursesoleil, qui, médusé, bredouillait des excuses, tandis que la jeune courtisane, sentant le vent tourner s'enfuyait. Agon saisit le Seigneur Coursesoleil par le col, parlant d'un ton dangereusement calme : « Ver puant, faquin, homme-pute. Tu as tenté de me faire disparaître avec tes manigances tordues, en faisant entrer un loup dans la bergerie. Que ton nom soit honni mille fois. Tu trahi l'honneur de notre maison. Et maintenant, nous allons tous payer le prix de ton avanie. »



Il entendit un bruit. Un simple bruit. Flasque et mou. D'un corps qui chute. Se retournant d'un bond, saisissant l'épée seigneuriale à son cousin, il se retourna d'un geste, se mettant en garde, comme le vétéran qu'il était. Il examina la haute salle, qui servait de salle de réception à sa Maison. Son regard s'arrêta sur la jeune courtisane, qui avait fui. Elle n'était pas allée bien loin. Son corps gisait, pendu à une dizaine de mètres du sol, goutant de ses fluides vitaux, la tête formant un angle bizarre avec le reste du corps. Il parcouru du regard la salle, son regard s'arrêtant sur les cadavres des serviteurs, systématiquement décapité ou pendu au haut plafond. Il referma sa poigne sur la lame de famille, en garde, prêt à affronter la mort. Il tourna la tête vers l'endroit où était la femme du Seigneur Coursesoleil, lentement, très lentement. Il eu du mal à croire ce qu'il vu par la suite. La femme et son concubin était éventrés sur le lit, sans avoir même réalisés ce qui leur était arrivés, une simple expression surprise sur le visage, encore l'un sur l'autre, avec en plus un immense épieu en plein milieu de leurs nuques respectives. Observant l'épieu, il s'aperçut que c'était les pieds des candélabres.
Il tourna ensuite le regard vers le Seigneur Coursesoleil qui sanglotait pitoyablement. Il avait même souillé sa propre tunique de ses excréments. Son cousin le considéra avec mépris : « Vois le résultat de tes actions. On n'offense pas le Soleil Noirimpunément. Vois la chute de notre Maison. Vois ta propre faiblesse. »


L'elfe apparut devant lui, surgissant des ombres. Dans une armure de cuir noir, la recouvrant intégralement, chaque portion de peau, un masque sur son visage, une capuche dissimulant ses traits, on pouvait juste apercevoir la lueur bleu de ses yeux. Elle portait sur l'épaule, une épée large, à la lame noire, qu'elle tenait à une main. On pouvait lire écrit sur la lame « Châtiment ». Argon posa son regard sur elle. Étrangement, il n'avait plus peur. Il savait son heure arrivée. Sa mort était en face de lui, et il allait l'affronter, comme il avait toujours affronté ses ennemis. Et il n'allait pas la faire attendre. Il se concentra. Il bondit vers l'assassin, portant un nombre de coups proprement hallucinants, visant avec précision les points vitaux. Maniant son épée large, à une seule main, et avec aucune difficulté apparente, elle para l'ensemble de coups, sans aucune difficulté, avant de trancher la tête du vétéran, de manière propre et nette. Un flot de sang jailli au moment de la section, se dispersant en une brume rougeâtre, arrosant les tapis, les teintures, et le Seigneur Coursesoleil.

La tête d'Agon roula jusqu'au pied de son Seigneur, qui s'évanouit de frayeur. L'assassin se pencha vers le Seigneur, lui administra une paire de baffes puissantes, qui le fait revenir à lui, livide. L'assassin enleva son masque, dévoilant des lèvres féminines et amusées, qui l'insultèrent. L'assassin se releva, se détournant de sa cible, le Seigneur Coursesoleil, se relevant, butant sur le cadavre de son cousin, heurtant du pied droit la tête de l'elfe valeureux.
La femme se retourna vers le Seigneur et dit d'une voix sépulcrale, la voix de la Mort elle même : « Nous ne sommes jugés uniquement que par nos actes, Seigneur Coursesoleil, et vous avez été déclaré coupable, ainsi que tous les membres de votre maisonnée. Voici venu l'heure de l'exécution de la sentence. » Le Seigneur Coursesoleil ramassa en tremblant l'épée seigneuriale que son cousin avait laché, au moment de sa mort avant de se jeter sur l'assassin dans un hurlement de rage démente, la peur au ventre. L'elfe fit un sourire cruel, décrochant une arbalète de poing de sa ceinture, lui décochant un carreau avant de se retourner, et mettre son masque. Le carreau explosa littéralement le crâne du Seigneur Coursesoleil, le tuant sur le coup.


L'assassin sortit de la salle, observant son travail l'air satisfaite. L'ensemble de la maisonnée était morte. Le message serait suffisant. Le Soleil-Noir ne se mêle pas de politique, et le Soleil Noir est un poignard dirigé vers toutes les gorges nobles de ce peuple. Il est temps de leur apprendre la peur.


Car la nuit lui appartient.


La chronique s'arrête là. D'autres feuillets peuplent le dossier. D'autres histoires. D'autres vies, d'autres morts, d'autres masques. Car nous sommes dans le domaine de l'Ombre. Une seule chose est sûre ici, et c'est la Mort.
_________________
La peur n'élimine pas le danger.


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MessagePosté le: Mar 10 Jan - 02:54 (2012)    Sujet du message: Publicité

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